Yan VALERY : le petit ballon qui a vu grand
Vous venez de participer à votre première Coupe du monde. Que représente cette expérience ?
Vivre une Coupe du monde, c'est un moment très fort ! Sportivement, nous aurions évidemment voulu faire mieux. Nous avons affronté des équipes de haut niveau, comme la Suède, le Japon et les Pays-Bas, et la compétition a été difficile, notamment avec les conditions particulières au Mexique : la chaleur, l’humidité et l’altitude. Mais dans une carrière, il faut aussi savoir traverser les moments plus compliqués. Ce que je retiens surtout, c'est l'aventure humaine. Malgré les difficultés, nous sommes restés soudés et nous avons toujours été là les uns pour les autres. J’ai aussi eu le plaisir de retrouver d’anciens coéquipiers et coaches de Southampton. Partager ça avec eux, ça a été fabuleux !
Vous avez choisi de représenter la Tunisie, le pays d'origine de votre mère. Qu'est-ce qui a guidé ce choix ?
Mes parents m’ont toujours transmis mes deux cultures : la Martinique et la Tunisie. Depuis petit, je passais mes étés dans ces deux pays, où j’ai gardé des liens forts, notamment avec ma famille tunisienne. Devenu professionnel, j’ai voulu représenter la Tunisie, mais au bon moment. Je voulais d’abord être installé en club et, à cette période, être auprès de ma mère malade était ma priorité. À Angers, quand j’ai commencé à jouer régulièrement et qu’elle allait mieux, j’ai senti que c’était le moment. Porter ce maillot a été une immense fierté, pour moi comme pour ma famille, en particulier ma grand-mère qui malheureusement nous a quittés pendant le Mondial.
Avant les grands stades, il y a eu les terrains de Champigny. Quels souvenirs gardez-vous de vos débuts ?
J'ai grandi un peu partout à Champigny : dans des secteurs proches du Bois-l'Abbé, des Boullereaux et Diderot… Finalement, j'ai découvert plusieurs quartiers de la ville. J'ai commencé le football à six ans, au stade Solignat, avec l'Association Sportive d’Outre-Mer du Bois-l’Abbé, puis j’ai arrêté deux ans pour expérimenter d’autres sports. Je jouais au foot à l'école, avec mes amis, dès que j'en avais l'occasion. Les animateurs du centre de loisirs, comme Ahmed et Faiçal, me voyaient souvent jouer et m'ont encouragé à retourner en club. J'ai rejoint le Champigny Football Club 94 où j’ai eu la chance d'avoir des éducateurs importants, comme Didier, qui m'a beaucoup aidé dans mes premières années.
À quel moment avez-vous compris que le football pouvait devenir votre métier ?
Le déclic est arrivé avec les sélections du Val-de-Marne, puis les tests de l’Institut national du football (INF) de Clairefontaine. À ce moment-là, plusieurs clubs ont commencé à s’intéresser à moi. C’est lors de ces tests que le Stade Rennais m’a repéré et a pris contact avec mon père. Quand le club m’a proposé d’intégrer son centre de formation, j’ai compris que le football pouvait devenir mon métier. J’avais 13 ans. Quitter ma famille et Champigny ne m’a pas vraiment fait peur : je voyais surtout le début d’une aventure et une opportunité qu’il fallait saisir pour atteindre mon rêve.
Aujourd'hui international, quel lien gardez-vous avec Champigny ?
Dès que je reviens à Paris, je passe du temps à Champigny, là où tout a commencé. Mes amis sont ici et je garde un lien fort avec la ville. Je continue aussi à suivre les jeunes joueurs : mes proches me montrent parfois ceux qui se distinguent dans les clubs ou lors des tournois organisés à Champigny. Je sais qu’il y a beaucoup de talent ici, comme dans toute la région parisienne, qui a toujours formé de grands joueurs. Mon message aux jeunes est simple : il faut croire en soi, travailler et persévérer. Le talent est important, mais c’est le travail qui permet d’aller plus loin. Il ne faut pas laisser les autres mettre des barrières et toujours se donner les moyens d’aller au bout de ses rêves.
- 22 février 1999 Naissance à Champigny-sur-Marne.
- 2005 Premiers pas dans le football à l’ASO Bois-l’Abbé (Asomba), au stade Solignat.
- 2009 - 2013 Poursuit sa formation au Champigny FC 94.
- 2012 Rejoint le centre de formation du Stade Rennais.
- 2018 Signe son premier contrat professionnel avec Southampton et découvre le haut niveau en Angleterre.
- 2022 Intègre l’équipe nationale de Tunisie et honore ses premières sélections internationales.
- 2026 Participe à sa première Coupe du monde avec la Tunisie.
(Crédit photo : S. Mantey/L'Équipe)
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